Changement de perspective : sur l’importance d’aborder la médecine chinoise selon son propre paradigme. PARTIE 1

Sur l’importance d’aborder la médecine chinoise selon son propre paradigme.

Par Simon Richard

Le point de vu moderne, en faisant de l’observation et de l’expérimentation les deux piliers du progrès médical, conception héritée de la philosophie positiviste d’auguste comte[1], selon laquelle seule importe l’expérience sensible des faits, a redéfini le sens même du mot “science”[2], lequel revêtait une tout autre signification dans les sociétés traditionnelles.


A ce titre, si l’on veut avancer dans la compréhension de cette étude, il paraît impératif de reprendre la définition première de certains termes ou notions qui, au cours des âges ont subi des altérations tel, qu’il est parfois difficile de comprendre le sens que les anciens pouvaient leur prêter initialement ; commençons donc par une clarification sémantique, ce que Confucius appelait “la rectification des noms” (zhèngmíng 正名) [3].


Parmi tous les termes qui méritent notre attention à ce sujet, “science” en est un des plus essentiels. Mais avant d’essayer d’en dégager une définition suivant les deux paradigmes qui nous intéressent ici, une clarification étymologique semble s’imposer. Selon le Larousse, “science” provient du latin “scientia”, lui-même signifiant connaissance. Ce point est tout à fait crucial, et nous devons nous y arrêter si l’on veut réellement comprendre les motivations profondes qui meuvent ces deux visions du monde; car savoir au préalable comment elles définissent toutes deux la “connaissance” est sans doute ce qui permettra d’exposer au mieux leurs intentions respectives, lesquelles devront logiquement justifier à leur tour leurs définitions de la science.


Selon le Larousse, qui nous donne le sens contemporain de ce terme, on peut lire la chose suivante :

ou encore :

Nous voyons ici qe la connaissance, selon l’acception moderne du terme, est assimilée au processus lui-même par lequel l’homme analyse quelque chose, un objet ; elle est l’ ”opération par laquelle […]”. Ainsi, selon ce point de vue, la connaissance est entendue comme étant ce qui doit conduire à une compréhension de plus en plus complexe des composants d’un objet et de ses relations intrinsèques ou extrinsèques; se faisant, elle est indissociable de l’esprit d’analyse, puisqu’elle constitue le processus même par lequel cette opération de pensée s’exerce.


La connaissance de l’homme moderne peut donc se définir comme une quête progressive dans la compréhension et la maîtrise de son environnement sensible. Le tout, selon des critères strictement analytiques, à des fins pratiques et motivé par les interrogations suivantes : “Qu’est-ce que c’est ?”, “Comment cela fonctionne-t-il ?”, “Quels sont ses composants ?”, “Quelles sont leurs interactions ?”, ou encore, “quels sont les composants de ses composants ?”[4] A noter que toute réponse à ces questions, pour être jugée valable, doit obligatoirement s’aligner sur des critères “d’objectivité”, en ce sens qu’elle doit être indépendante de l’influence du sujet pensant. En effet, selon ce point de vue, l’objet est toujours analysé pour lui-même et en lui-même comme une unité, qui ne se laisse déterminer qu’à travers la somme de ses parties[5].


Ainsi sont analysés ce qui renvoie respectivement à l’infiniment grand ou à l’infiniment petit, de l’univers observable avec ses 93 années lumière jusqu’aux particules élémentaires et à l’échelle de Planck. Si la motivation principale de L’homme moderne est d’approfondir sa compréhension mécanique causale du monde sensible, c’est le plus souvent afin d’en tirer des applications pratiques propres à alimenter sa progression sur le plan matériel (confort, santé, industrie, commerce, exploration spatiale, etc.) C’est à cela que nous devons l’avènement de la société technique, industrielle et maintenant numérique que nous connaissons tous aujourd’hui, en Occident comme en Orient.


Au passage il est intéressant de constater que, dans un tel monde, où science et industrie tendent à devenir synonymes, le métier d’ingénieur soit considéré comme celui du savant par excellence et que celui qui l’exerce puisse bénéficier par là d’un statut social souvent élevé[6]. Quelques siècles plus tôt en Chine (en dépit de la reconnaissance évidente dont ceux ci devaient bénéficier pour leur valeur toute pratique), ces considérations techniques associées à la classe des gong 工 n’occupaient qu’une position subalterne dans la hiérarchie du savoir, loin derrière le prestige des lettrés (士 shì), véritables garant de l’autorité de la culture classique et morale.


Voilà un exemple parmi d’autres, qui rend assez significativement compte du fait qu’une civilisation n’accorde pas aux différents domaines de l’existence, une importance analogue suivant le paradigme dans lequel elle s’inscrit.


On aurait bien tort de réduire cela au seul argument évolutionniste, qui consiste à voir dans ces glissements “d’intérêt”, le simple fait d’une prétendue “progression intellectuelle”[7], considérant par là, les peuples passés comme forcément arriérés intellectuellement, thèse qui ne résiste pas à un examen même superficiel d’une civilisation telle que la chine de la période classique. Sur ce point, nous aurons plutôt tendance à penser que, ce qu’un peuple tient pour supérieur, révèle la nature de son centre (ou de son absence).


Il est important de rappeler, avant de fermer cette parenthèse, que nous jugeons bien souvent ce qui relève du progrès à l’aune de nos propres critères, qui sont essentiellement d’origine matérialiste et qui se rattachent pour la plupart à ce qui a trait au “confort” ou à l’utilitarisme au sens philosophique du terme. De ce point de vue là, il est évident que l’humanité “progresse”.
En revanche, si nous jugions selon des critères traditionnels tels que : la sagesse, la conformité à l’ordre du ciel, ou encore la vertu (dé 德) nous serions bien obligés de constater que, bien loin de progresser, nous régressons sur de nombreux aspects, à une vitesse qui paraît chaque jour croissante…et comme a pu le dire si justement Gustave Thibon :

Fermons cette parenthèse et revenons à notre étude. Pour résumer ce qui a été dit plus haut, la connaissance moderne a pour aspiration d’appréhender son Objet en lui-même, pour lui-même. Pour ce faire, elle décortique les parties qui le composent afin d’en comprendre les relations et le fonctionnement. Elle répond par là, à un souci d’augmenter son savoir sur le plan quantitatif ou matériel. Un des points les plus caractéristiques de cette démarche est que, se voulant objective, elle tend à supprimer le paramètre du sujet humain du régime de son observation[8]. Se faisant, elle semble oublier que c’est pourtant en ce même sujet et à travers lui que se déploie le monde sensible qu’elle veut étudier. Sur ce point, l’ironie est telle, qu’aujourd’hui, la vision de ce qui constitue pour nous la réalité objective n’est rendue possible que grâce à un outillage purement artificiel (du télescope au microscope), produit par l’homme donc, et qui nous éloigne considérablement de l’expérience naturelle que nous faisions jusque-là du réel via nos sens[9].

Cette expérience n’est certes pas objective au sens moderne du terme mais elle s’étend à la totalité de l’espèce humaine.
A ce titre, le fait que la plupart des civilisations décrivaient la terre comme un carré plat surplombé d’un dôme n’est pas le fruit d’une coïncidence, car abstraction faite de notre savoir technique moderne, c’est bien de cette manière que nous en faisions jusque-là l’observation; il est important de comprendre que cette expérience immédiate via les sens était tenue pour réelle dans le paradigme traditionnelle ou le point de vue objectif (du moins tel que nous le concevons de nos jours) n’avait pas lieu d’être. Aujourd’hui encore, nous nous déplaçons selon quatre directions sur une terre qui apparaît comme plate, au-dessus de laquelle se dresse un ciel sphérique. Le propos de cet article n’est évidemment pas de remettre en question la rotondité de la terre d’un point de vue objectif, mais force est de constater qu’en faisant abstraction de notre narratif cosmologique moderne, la plupart du temps et selon l’expérience quotidienne que nous en faisons, la terre est bel et bien plate.

Sur cette terre symbolisée par le carré, chaque société traditionnelle s’organise autour d’un axe sacralisé constituant pour elle le centre du monde, c’est pourquoi la Chine fut nommée royaume du centre (中国 Zhōngguó). Cela n’a rien à voir, comme certains pourraient être tentés de le penser, avec une forme d’hubris nombriliste, mais participe d’une expérience primaire partagée par tous les peuples pour peu qu’ils s’inscrivent dans un paradigme traditionnel. On ne peut s’orienter sans repère, c’est pourquoi on retrouve dans de nombreux mythes civilisationnels, le thème du bâton planté dans le sol dont le rôle est de déterminer le centre spatial autour duquel se déploient les quatre directions, ce même centre a pour fonction de qualifier l’espace en faisant émerger de celui-ci, un ordre de son homogénéité chaotique antérieure, ce faisant, il fonde ontologiquement et concrètement un monde nouveau.[10] Le centre est considéré comme sacré, car qualitativement supérieur aux coordonnées spatiales qui l’environnent. Il est la cause et la raison de leur identité renouvelée, ce qui en fait un reflet du principe divin rapporté au domaine spatial.


Si l’homme traditionnel peut être considéré comme limité en ce qui concerne le domaine de la technique, il témoigne en revanche d’une sophistication inégalée sur le plan métaphysique, et cela n’est pas sans rapport avec l’importance qu’il accorde à l’inclusion de sa propre conscience dans le processus de connaissance.


puisque de ce point de vue, il sera toujours question d’une union sinon d’une relation volontaire entre le sujet et son objet, en ce sens que la connaissance aura pour motivation finale de modifier la conscience du sujet pensant, en l’intégrant à une forme de participation ; et c’est là par exemple ce qui explique en partie, l’importance que les Chinois de l’Antiquité accordait au principe de conformité à la nature. C’est pourquoi il serait absurde dans ces conditions de formuler une science où le sujet pensant serait occulté, car faire abstraction du sujet observant reviendrait alors à évacuer le principal intéressé du processus de connaissance.


Selon la perspective traditionnelle, la connaissance aura pour finalité l’union du sujet et de l’objet, et à son degré le plus élevé, la réalisation de l’unité originelle, l’union au Dào (道) pour les taoïstes.
Il ne s’agit plus de penser le réel comme extérieur à nous mais de l’éprouver par la conformité d’une identité vécue. De ce point de vue, la connaissance véritable devient participation, où la distinction entre le sujet et l’objet se voit dépassée et où les catégories d’objectif et de subjectif ne présentent plus qu’un intérêt très secondaire.


Dans ce paradigme, les choses sont appréhendées selon l’expérience qui nous lie à elles, en incluant également tout ce qui s’y rattache sur les différents plans de réalité, et qui doit inclure la multiplicité des points de vue sous lesquels un même objet peut être envisagé. En cela, on peut dire qu’elle se distingue de la connaissance moderne analytique par un esprit proprement synthétique.[11]


Le langage symbolique qui en est le fruit constitue le patrimoine commun des civilisations traditionnelles de l’Orient à l’Occident. Celui-ci ne doit pas être confondu avec la métaphore, qui est une figure de langage plus ou moins arbitraire et à la portée souvent esthétique. Le symbole lui, est une figure de réalité, en ce sens qu’il a pour fonction de révéler l’unité intelligible qui préside à la multiplicité de ses manifestations sensibles. Ainsi, lorsque l’on envisage un Objet selon la structure du réel qu’il a la charge d’exprimer et à laquelle il participe selon son mode particulier, on est dans le domaine du symbolique. Par exemple : un médecin de l’antiquité chinoise pouvait voir au travers d’un jeune arbre, l’expression tangible de la croissance et de l’expansion yang qui résonne avec le souffle printanier sur la plan temporel et la direction “est” du soleil levant sur le plan spatial, lesquelles font également écho à la fonction d’ascension du sang par le foie au seins de son propre organisme.
Ainsi envisagé, l’arbre est bien plus qu’une “plante ligneuse avec un tronc sur lequel s’insèrent des branches ramifiées portant du feuillage”, ces qualité essentielles que nous venons d’énoncer ne sont pas réductibles à la somme de ses constituants biologiques, puisqu’ils n’appartiennent pas au domaine de la quantité.


Cet exemple illustre bien qu’en faisant fi de la perception humaine dans sa quête d’objectivité, l’homme moderne s’abstrait de la dimension symbolique du monde, tandis que c’est précisément sur ce plan, que réside sa véritable valeur pour l’homme traditionnel.


Un astronome, en observant la Grande Ourse, y voit une constellation circumpolaire composée de 8 étoiles auxquelles on a apposé des noms et étudié leurs caractéristiques intrinsèques. Un chinois sous les Han en observant ce groupement de luminaires suspendu tourner autour de la seule étoile fixe dans le ciel, pouvait y voir également le caractère vivifiant et non agissant du principe unique à l’égard de la manifestation.[12]


Dans le contexte traditionnel, c’est en tant que porteur de sens que l’objet attire premièrement l’attention du sujet connaissant, non seulement en relation avec lui-même mais aussi avec le reste du cosmos jusqu’aux réalités intangibles et métaphysiques. Cette approche se rattache à l’aspect qualitatif du réel, en vertu duquel tout objet participe nécessairement d’un principe dont il est issu lequel lui confère sa qualité essentielle ; dans la pensée chinoise, c’est Zhu Xi (朱熹) qui formalise cela avec le plus de clarté. Selon ce penseur néoconfucéen, Chaque “chose” (wù 物) dans le monde possède son principe (lǐ 理), lesquelles sont autant de manifestations du principe (Lǐ 理) universel unique , c’est-à-dire le principe (Lǐ 理) du ciel (tiān lǐ 天理). Ainsi, l’eau, les reins, l’hiver, participent tous d’une essence yin qui elle-même procède de taiji, lequel tire son existence du Dào (道). cette idée est résumée dans cette formule du penseur confucéen Cheng yi (程颐) : « Le principe est un, ses manifestations sont diverses » (lǐ yī fèn shū 理一分殊).


Faut-il encore le préciser, ce qui vient d’être dit n’implique pas que toute forme d’ingénierie technique soit absente de la chine traditionnelle, les Chinois se sont d’ailleurs distingués dans l’histoire pour leur développement précoce en la matière, mais ce qui relève de ces questions pratiques, dans l’ordre traditionnel, furent toujours subordonnée aux considérations métaphysiques, politiques, et morales, ce pourquoi elles n’ont jamais pris une place prédominante au point d’absorber tous les autres aspects de l’activité humaine, comme on le constate trop souvent de nos jours.
A son plus haut niveau, la connaissance entendue au sens traditionnel ne peut être réduite à une accumulation de savoir livresque, ou à une simple forme d’érudition, mais correspond à une expérience transformatrice qui a pour objectif de renouer avec l’essence même du réel et qui doit culminer pour le sujet, en une forme de réalisation spirituel. Cette graduation est explicitement contenue dans la graphie des caractère “知” (zhī) et “智” (zhì); Signifiant respectivement connaissance et sagesse, Ils se distinguent l’un de l’autre par l’adjonction de la clé du soleil dans le caractère “智” (zhì) qui rend compte symboliquement de l’illumination qui doit accompagner l’actualisation du potentiel spirituel de la personne.


Ceci étant dit, il est plus aisé de comprendre en quoi les catégories d’objectif et de subjectif ne peuvent présenter qu’un intérêt très relatif dans cet horizon, dont la valeur se cantonne au seul plan matériel en deçà de la forme (xing er xia 形而下). L’homme traditionnel tend davantage vers ce qui relève de l’universel dans sa relation au particulier. L’universel concerne ce qui est absolu, et qui appartient au domaine des principes (Lǐ 理), au-delà de la forme (xing er shang 形而上) ; ceux là sont immuables car ils se situent au delà des conditions d’espace et de temps qui façonnent notre existence, tandis que le particulier, qui en procède, relève de ce qui est transitoire et qui appartient au domaine de la forme et de la multiplicité, soumis à un perpétuel changement conditionné.


Dans la partie suivante, nous aborderons l’approche scientifique médicale telle qu’elle se dégage des perspectives traditionnelle et moderne.

  1. Nous mentionnons Auguste Comte pour faire court, mais aussi parce qu’il personnifie une certaine idée du monde, post-copernicienne arrivée à maturité. Nous pourrions, en outre,       faire remonter ce bouleversement du rapport au réel à des racines bien plus profondes, car si ce mode de pensée atteint son apogée avec le positivisme, il est certain que celui-ci n’aurait jamais vu le jour sans le bouleversement provoqué par la scolastique nominaliste de Roscelin et de Guillaume d’Ockham.      
  2. Il est à propos de rappeler, pour lever tout malentendu, que ce que nous rapportons concerne spécifiquement la science dite “dure”, celle qui domine le champ médical contemporain, et que notre propos ne s’applique pas au développement récent des sciences humaines et sociales ni même à la physique quantique, qui toutes à leur façon, ont largement remis en doute ce paradigme.      
  3. Entretiens de confucius Analectes XIII, 3
  4. Cf. Mathieu Pageau “language of creation” Paperback – may 29, 2018 chapitre 1.      
  5. A ce sujet, la science cognitive apporte des perspectives qui renouent avec le paradigme traditionnel, voir pour cela les travaux du professeur John Vervaeke.      
  6. Nous reprenons ici à notre compte une remarque de René Guénon qui s’applique très bien dans ce contexte. Cf. La Crise du monde moderne, René Guénon, éd. Folio essais, 1973.      
  7. On notera que cette idée d’un progrès indéfini, érigé en idole de la modernité, est d’ailleurs intrinsèquement contenue dans la conception moderne de la connaissance.      
  8. Le post-positivisme, tout en voulant modérer cette idée d’une objectivité indépendante du sujet pensant, n’en reste pas moins enfermé dans le même cadre épistémologique.      
  9. Nous invitons le lecteur à la lecture de l’excellent article de Jonathan Pageau sur le sujet : « Most of the time the earth is flat », Orthodox Art Journal, 16 juillet 2014, qui, bien que n’étant pas sinologue ni même praticien de médecine chinoise, apporte sur la question des paradigmes moderne et traditionnel des éclairages fort utiles.
  10. Voir à ce sujet les ouvrages de Mircea Eliade, notamment Le sacré et le profane, éd. Folio essais, 1965.      
  11. René Guénon, op. cit. La clarté avec laquelle Guénon a su exposer la perspective traditionnelle commune à toutes les grandes civilisations du monde reste inégalée et s’avère d’une grande utilité dans ce débat. Du reste, si nous reconnaissons volontiers le caractère incontournable de son œuvre en ce qui concerne sa critique de la modernité d’une part et ses éclairages sur le symbolisme d’autre part, nous ne sommes pas pour autant « guénolâtres » ni n’adhérons en tous points aux allégations de cet auteur. De fait, nous ne nous sentons nullement reliés à ce que Johan N’guyen appelle « l’acupuncture guénonienne », qui, au demeurant, n’a que peu de choses à voir avec Guénon lui-même mais concerne plutôt quelques individus du siècle passé qui ont cherché à transposer les principes de son œuvre à la médecine chinoise. Cette acupuncture franco-française, à certains égards plus new age que traditionnelle, ne nous a jamais vraiment intéressés étant donné l’accessibilité directe aux sources chinoises dont nous bénéficions de nos jours. D’ailleurs, si l’on s’en réfère à la seule mention que Guénon a faite de Nicolas Soulié de Morant (figure majeure de ce mouvement) dans son œuvre, on se demande s’il aurait lui-même pris au sérieux les tenants de cette école : « Soulié de Morant m’a toujours fait l’impression d’être plutôt un “amateur” qu’un homme capable d’approfondir vraiment quelque chose ; c’est pourquoi j’ai des doutes sur l’exactitude de sa méthode d’acupuncture… » Correspondance avec René Schneider, René Guénon, 1936-1948.      
  12. Le lecteur pourra se rapporter, s’il le souhaite, à l’article que nous avons consacré à cette question : Du symbolisme de la Grande Ourse et ses implications en médecine chinoise.      

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